dimanche 26 février 2012

Le jeu des onze








Tout d'abord, je remercie Anne pour son invitation à ce jeu et je m'excuse de mon absence sur la blogosphère. Je suis très prise en ce moment mais je ne désespère pas de revenir très vite !





Voici les règles du jeu :

1- Vous devez publier les règles.
2- Chaque personne doit écrire 11 choses à propos d'elle.
3- Répondre aux 11 questions puis créer 11 nouvelles questions pour les personnes taguées.
4- Vous devez choisir 11 personnes et mettre un lien de leurs blogs sur votre post.
5- Rendez-vous sur leurs blogs afin de leur dire qu'ils ou elles ont été tagué(e)s.
6- Ne faites aucun tag sans les prévenir.
7- Vous devez obligatoirement taguer 11 personnes.



Voici les questions proposée par Anne :

1- Quelle est votre animal préféré ? Voilà une question difficile pour moi ! Je crois que je n'ai pas un animal préféré. J'aime certains animaux pour leur personnalité, leur façon d'être et de s'exprimer et non pour leur appartenance à une espèce. Dans le "lot", il y a bien sûr des chevaux, des chats, des chiens mais aussi des chèvres, des souris...





2- Quelle est votre couleur préférée ? Cela dépend des contextes mais j'aime beaucoup les tons rouges.





3- Quel est votre élément préféré ? Si je suis à l'aise dans l'eau, que j'aime regarder danser les flammes et que je rêve de voler comme un oiseau, je crois que c'est la terre que je préfère malgré tout. J'apprécie d'être dehors et avoir les mains dans la terre pour planter des bulbes me plaît tout particulièrement !





4- Quel est votre plat préféré ? Je suis tellement gourmande !!! C'est bien difficile de choisir un seul plat mais si je dois le faire, je choisirais tout simplement les pommes de terre sautées de mon Oxy !





5- Quel est votre souvenir le plus ancien ? Il me semble que c'est le mouvement de la machine à laver de ma nounou ! Elle avait un hublot, pas comme à la maison, c'était fascinant !





6- Quel moyen de transport préférez-vous ? Le cheval ! J'aimerais découvrir le monde ainsi...





7- Quel personnage littéraire préférez-vous ? Vanyel (dans sa version originale non massacrée par Pocket...), un personnage raconté par Mercedes Lackey.





8- Quel artiste auriez-vous aimé rencontrer ? Xénophon (pour discuter art équestre) et George Sand.





9- Pour vous, qu'est-ce que l'élégance ? La légèreté.





10- Qu'est-ce qui vous passionne ? Comprendre le fonctionnement des choses et des êtres (cela va du développement cognitif de l'enfant au saddlefitting et à la biomécanique du cheval en passant par la physique, le référencement sur Internet, etc.).





11- Faites-vous une collection et, si oui, de quoi ? Je collectionne les souvenirs laissés par ceux que j'aime.




Voici mes onze questions :

1- Quel souvenir chérissez-vous le plus ?

2- Quel lieu rêveriez-vous de visiter ?

3- Quel est le premier livre que vous avez lu ?

4- Quelle est votre arbre préféré ?

5- Quelle est votre odeur préférée ?

6- Dans vos rêves les plus fous, quel métier faites-vous ?

7- Quel est votre meilleur souvenir scolaire (ou "sportif") ?

8- Quel est votre pire souvenir scolaire (ou "sportif") ?

9- Quel épisode de votre vie aimeriez-vous revivre ?

10- Si vous deviez vivre dans un livre, dans lequel serait-ce ?

11- De quel "outil moderne" ne pourriez-vous pas vous passer ?


Et voici les blogs dont j'invite les auteurs qui le souhaitent à participer au jeu :



Kali's Club (l'avis d'un chat aussi sage m'intéresse beaucoup !!)


Le blog d'Eros (l'avis d'un cheval vaut aussi !)






Et enfin, je me permets de vous conseiller la lecture de ce très bon blog : Bref, ils ont besoin d'un(e) orthophoniste !



jeudi 6 octobre 2011

Chapitre 59.2, Flamme - Chapitre 60, Valt




Flamme s'éveilla peu après avec en elle une sensation d'intense faiblesse. Un frisson la parcourut. Comment avait-elle pu accepter de renier ainsi sa nature ? Il devait s’agir d’un cauchemar, un simple cauchemar. Elle s’éveillerait bientôt, blottie au creux de sa fleur et pourrait rire d’avoir imaginé un tel scénario. Une larme coula le long de son beau visage lisse. Juste un rêve...
Pourquoi pleurez-vous ? demanda une voix lointaine.
Elle s'essuya les joues, semblant revenir à elle. Un homme la contemplait. Il la tenait délicatement dans sa main, n’osant trop bouger de peur de l’effrayer. Ses grands yeux bleus brillaient, son menton, couvert de sang tremblait légèrement.
Il porta sa main libre à sa gorge et laissa glisser un doigt le long de la cicatrice qui traversait son cou.
Je ne comprends rien, fit-il en secouant la tête.
Il n’y a rien à comprendre, murmura-t-elle. La blessure est partie et moi, je suis là, c’est comme ça.
Il la souleva un peu pour la mettre au niveau de ses yeux.
Comment vous appelez-vous ?
On me nommait Flamme chez moi, répondit-elle d’un ton triste.
Vous êtes la “fée de l’amour” ! Je reconnais maintenant le timbre de votre voix.
Je ne suis plus cette fée non, je ne suis plus rien désormais...
Valt repoussa une mèche blanche qui tombait devant ses minuscules yeux noirs.
Vous êtes magnifique, dit-il simplement, mais ces paroles résonnèrent dans le cœur de Flamme. Elle releva la tête, décidée à accepter ce nouvel avenir qui s’offrait à elle.
Je désire passer ma vie auprès de vous, dit-elle, acceptez-vous ?
Rien ne saurait me faire plus plaisir, murmura-t-il.
Alors qu’il prononçait ces paroles, Flamme sentit s’alléger le terrible poids qui l'oppressait. Elle détourna les yeux et rencontra le regard de Harmonie. Par tous les Dieux ! Comment avait-elle pu les abandonner elle et Nyel ? Égoïste, elle n'avait pas un seul souffle songé au couple dont elle avait la charge ! Elle aurait voulu lui demander pardon mais jamais la petite femme ne l’entendrait, seul Valt avait ce pouvoir...
Le cœur lourd, tiraillée entre différents sentiments, la petite fée prit son envol tandis que le prince se levait péniblement.
Par tous les Dieux ! Valt ! J’ai bien cru que tu étais perdu ! Mais que s’est il passé ? Je ne comprends pas... J’ai passé au fil de l’épée l’homme qui te tenait mais j’ai pourtant bien cru qu’il t’avait tué avant ! De qui s’agit-il ?
Harmonie retourna le cadavre du bout du pied et découvrit le visage crispé de Tutele.
NON ! cria-t-elle comme ses yeux se remplissaient de larmes. Comment est-ce possible ?
Valt ravala sa tristesse et prit Harmonie dans ses bras.
Nul ne pouvait se douter, murmura-t-il. Je suis le premier surpris. Mais Tutele était un traître... sa voix se brisa. Il ferma les yeux et serra le corps de la jeune femme de toute la force de son désespoir. Elle se dégagea et se tourna vers Nyel. Il n’avait pas bougé d’un pouce et demeurait les yeux écarquillés sur le corps du félon. Passait encore que le frère de Valt ait fomenté un attentat contre le prince mais il ne pouvait croire que Tutele en soit complice. Valt mit un terme aux pensées du jeune maréchal-ferrant et lui demanda d’appeler la garde.
Et qu’ils débarrassent ma chambre de ces cadavres !
Dès qu’il fut enfin seul, Valt s’écroula sur son lit et laissa libre cours à sa peine.
Il faut vous relever mon prince, il serait indigne de votre part de laisser votre pays sombrer dans le désordre juste parce que quelqu’un a attenté à votre vie.
Premièrement petite fée, ce quelqu’un était mon meilleur ami – ou du moins le pensais-je – deuxièmement, je n’ai pas l’intention d’abandonner mon pays. Bien au contraire, je le libérerai du Rebelle dès que je le pourrai et ce sera ma vengeance.
Il serra le poing, tentant de maîtriser sa colère.
Les Dieux sont cruels parfois.
Ils sont à l’image de l’homme.


Chapitre 60
Valt


Il avait passé une nuit blanche et ses yeux étaient entourés de grands cernes. Il avait revêtu la tenue traditionnelle des prétendants au titre de roi. Il s’agissait d’une simple tunique blanche qui – s’il parvenait à franchir les épreuves de la bagestia – deviendrait rouge à la fin de la journée. Alors seulement, il serait déclaré roi de son pays.
Il s’avança lentement vers le temple. Passer ces épreuves le répugnait. Il devrait agir comme un fanatique du Rebelle mais c’était la seule solution pour parvenir au trône sans déclencher une guerre civile.
L’allée de marbre rouge était bordée de prêtres au crâne rasé. Plus loin, de chaque côté du grand escalier écarlate, se tenaient quelques chamans venus des villes et villages de Vimula. Quand il pénétra dans le temple, la franche lumière du Solénon laissa place à une lueur sanglante. Pourtant, la magie opérait et sa tunique demeurait d’un blanc éclatant.
Il passa, pendant cette journée, dans des dizaines de salles. Il dut dans chacune d’elles prouver son dévouement au Rebelle. Dans une petite pièce circulaire, il dut s’entailler le bras afin de montrer qu’il pouvait donner sa vie à son Dieu, dans une autre, c’est celui d’une fillette qui coula. Muni de la seule force de ses ongles et de ses dents, il dut trancher sa carotide. Ainsi, il montrait que comme le Rebelle, le sort des femmes lui importait peu. Ce fut pour lui l’épreuve la plus difficile à réaliser. Il avait d’abord bloqué la fillette sur l’autel prévu à cet effet et avait murmuré à son oreille :
J’ai honte de devoir vous tuer ainsi, mais c’est la seule solution que j’ai pour atteindre le trône. Votre sacrifice permettra de sauver toutes les femmes de Vimula, aujourd’hui tenues prisonnières par des fanatiques. Je vous le promets.
Elle l’avait compris, et dans un mouvement de courage ou de résignation, elle avait rejeté la tête en arrière, lui offrant son cou dans lequel il avait planté ses dents.
En sortant du temple, sa tunique était bien rouge mais il n’y avait aucun miracle en cela. Il portait sur lui le sang des innocents.
Harassé, il s’était agenouillé devant le Grand Chaman pour recevoir la couronne de Vimula. Déjà elle lui semblait lourde à porter. Il se leva et se dirigea à pas lents vers son palais. Il faudrait maintenant parler à son peuple. Se faire accepter de lui. Après, seulement, viendrait le temps de détruire le Rebelle.


Il était très bon orateur et son discours fut salué par l’ovation de la foule. Il avait omis de parler du Rebelle et s’était contenté d’entraîner son peuple à aimer son nouveau roi. Ensuite, il pourrait détruire enfin cette fausse religion et rétablir celle des anciens Dieux.
Le banquet suivant le couronnement fut mémorable, on dansa toute la nuit durant. Valt se sentait las et désemparé mais il fit bonne figure en restant jusqu’à la fin de la fête. Il n’eut pas le temps de dormir mais quitta tout de même la cour le temps de se détendre dans un bon bain chaud. A peine sorti de sa chambre, un valet lui apprit que le Conseil du Renouveau allait commencer et il dut se diriger vers la salle de réunion.
En entrant, conseillers et ministres se turent et le regardèrent monter les quelques marches menant au trône. Quand il s’y assit, une fatigue intense s’empara de son esprit. Comment allait-il s’y prendre pour réussir sa mission ? Il ferma les yeux un instant et pria pour que les Dieux lui viennent en aide.


Fin de la première partie
L'héritage des Dieux

mardi 20 septembre 2011

Chapitre 57, Harmonie - Chapitre 58, Valt - Chapitre 59.1, Flamme




Chapitre 57
Harmonie


Il avait fallu jouer des coudes pour atteindre la salle d’apparat mais les nobles étaient à tel point suspendus aux lèvres de leurs gouverneurs que pas un seul ne fit vraiment attention à leur arrivée. En entrant dans la salle précédant le balcon oratoire, Harmonie s’aperçut que le roi prononçait déjà le nom du futur héritier.
JE M’Y OPPOSE ! hurla Valt d'une voix de stentor.
La noblesse présente se retourna d'un bloc pour découvrir enfin le petit groupe. Tarantalerien, placé non loin du chaman, tiqua et parut se liquéfier sur place. Le roi semblait sur le point de s’effondrer alors que son cadet restait imperturbable. Ce dernier finit par s’avancer, bras ouverts vers son frère.
Enfin ! Mon cher Valt, quel bonheur de vous voir en vie... Vous m’enlevez une sacrée épine du pied, figurez-vous que père allait me nommer héritier !
C’était un homme blond aux yeux bleus. Son visage rond et imberbe arborait les traits féminins d'une adolescente. Il enlaça son frère. Son haleine empestait l’alcool, comme à son habitude.
Il s’éloigna de quelques pas et laissa à son père l'initiative d’approcher. Tremblant, ce dernier serra son fils contre lui. Il agissait ainsi pour tromper son peuple car jamais il n’avait témoigné d’affection particulière à quiconque. Valt n’attendait que cela, Harmonie le savait, pour injecter le morboe à l’aide du crayon truqué. Le vieil homme ne broncha pas. L’anesthésie devait fonctionner à merveille.
Valt exprima le désir de s'adresser à la plèbe et s’avança sur l’estrade.
Il expliqua dans le langage châtié des nobles son arrestation par un “étrange inconnu masqué” (il savait que dénoncer son oncle ne serait pas une solution) et la façon dont il s’était échappé avec l’aide de ses fidèles conseillers.
Il y eut ensuite un grand banquet. Harmonie se retrouva assise entre deux hommes un peu grassouillets. Il n’y avait aucun moyen de fuir, on l’assaillait de toutes parts, demandant plus de précisions sur l’enlèvement du prince. Elle forçait tant sur ses cordes vocales pour paraître plus masculine qu’elle finit la journée à la limite de l'aphonie.
Dès la fin du repas, elle s’esquiva et rejoignit Nyel dans les écuries. Après avoir narré les derniers événements avec le peu de voix qu’il lui restait, elle se laissa tomber sur une botte de foin, exténuée, et s’endormit aussitôt.


Le lendemain, Valt les réunit tous dans ses appartements. Il expliqua ce que chacun savait déjà, à savoir qu’il était parvenu à injecter le morboe et que dans six jours environ, il faudrait appliquer le plan “Coup d’état”. Ce n’était pas le vrai mot puisqu’il avait déjà tous les pouvoirs de plein droit mais il n’avait rien trouvé de mieux comme appellation pour illustrer l'éviction du Rebelle en tant que Dieu de Vimula.
Il avait longuement songé à un nouveau nom pour sa capitale puisque “Rebellium” ne convenait plus. Il avait pensé à “La cité des voix” car de son arrivée au pouvoir rejailliraient les chants de centaines de femmes, dans la ville et de par le pays.
Harmonie approuva aussitôt, elle ne tenait plus en place à l’idée de libérer ses sœurs du joug du Rebelle. Il faudrait ronger son frein en attendant que l'influence de Valt grandisse suffisamment pour se permettre de lancer le contre-sort. La majorité du peuple serait canalisée en cas de débordements puisque les Insoumis rejoindraient Rebellium dès le couronnement. Valt leur avait donné tout pouvoir en cas de révolte.
Cela risque de prendre du temps avant que mon autorité ne se stabilise. Il faudra sans doute utiliser la propagande... Nous verrons les détails le moment venu mais j’ai déjà de nombreuses idées...
La discussion dévia ensuite sur les différents passages secrets du palais. Valt en connaissait un grand nombre inconnu de tous. Il avait passé son enfance à les explorer. Selon lui, des pilongueurs et des pilongueurs de couloirs et de tunnels dérobés couvraient l'ensemble du domaine royal.


Pendant les jours suivants, le temps se refroidit sensiblement. La température descendit nettement en dessous de la limite des gelées. De mémoire d’homme, on n’avait jamais vécu un tel phénomène en Vimula.
Les plus pauvres se mouraient dans la ville. Un petit courtisan de basse échelle décida de créer une association pour distribuer des couvertures aux plus démunis, histoire de remonter sa cote de popularité.
Deux jours après le début du grand froid, le roi tomba malade. Nul ne s’en étonna. Un homme si âgé, même vivant dans les pièces chauffées du palais, ne pouvait survivre à de telles conditions climatiques.
Il mourut cinq jours plus tard, épuisé, les poumons déchirés par une toux quasi-continue. Sept jours de deuil national furent décrétés avant le couronnement. Le corps du roi, couvert de runes chamaniques, fut exposé sur la place royale en attendant son incinération, la veille du sacre. Les quelque mille cent quarante cinq femmes composant le harem du vieux roi se donneraient la mort sur cette même place. Les dalles se couvriraient de sang et une odeur cuivrée monterait jusqu’au château, imprégnant toutes les pièces. Par bonheur, le froid, toujours aussi poignant empêcherait les corps de se décomposer. Ils seraient enterrés dans la grande fosse creusée par les femmes elles-mêmes à la périphérie de la ville. Avant d’être jetées dans ce trou béant proche des Royaumes Inférieurs, leurs cheveux seraient coupés afin de garnir les coussins que le courtisan comptait offrir au petit peuple.


Harmonie pleura toute la journée.


Accoudée au balcon de sa chambre, elle avait dominé le triste spectacle des mille femmes du roi, couteau à la main, prêtes à se trancher la gorge. Elle n’avait rien pu faire pour elles. Leur sacrifice permettrait aux futures générations de vivre libres. Valt le lui avait promis.
Un cor avait sonné. Le signal attendu. Les mains avait glissé, les corps étaient tombés, la foule avait hurlé sa tristesse et son amour pour le défunt roi.
Le liquide – fumant dans le froid du matin – avait inondé la place, l’odeur âcre de la mort s'était élevée jusqu’à Harmonie, accompagnant la brume légère.
Une énième larme avait coulé le long de sa joue où un souffle glacial avait glissé pour l'emporter vers les cieux...


Chapitre 58
Valt


Les corps exsangues avaient été déplacés mais les dalles gelées portaient toujours la marque de l'insupportable scène de mort. L'imposant bûcher dressé au centre de la Place Royale dominait tous les hommes rassemblés à l’occasion de l’incinération du défunt roi de Vimula.
Du haut de son balcon oratoire, Valt observait les quatre chamans chargés de transporter le corps glacé au sommet de l’empilement de bois sec et de paille.
Le Premier Chaman du pays leva les bras vers le ciel et, s’adressant au Rebelle, demanda à ce que l’âme du monarque soit mise en sécurité. Il lança un mot étrange et une flamme orange s’éleva, enflammant peu à peu les brindilles. Les premières flammèches vinrent alors lécher le corps étendu et un brouhaha s’éleva de la foule.
Valt ferma les yeux devant la vague de chaleur qui montait vers lui. Demain, il serait enfin roi et les anciennes coutumes renaîtraient petit à petit dans le palais et à travers tout le pays...


Depuis quelques chiffres déjà, la nuit avait tiré son voile sur le pays. Le banquet funéraire s’était déroulé dans un silence pesant et Valt avait profité de l’humeur morose des courtisans pour monter plus tôt à sa chambre. Comme d’habitude, Tutele le suivait discrètement, assurant sa garde.
Il ouvrit la porte de son appartement et posa le chandelier sur le meuble le plus proche. Un désordre peu digne d’une suite de prince régnait dans la pièce. Du bout du pied, il envoya à l’autre bout de la salle une tunique qui traînait au sol.
Le bruit d'une porte qui claquait le fit se retourner brusquement tandis que Tutele n'avait pas bougé d’un pouce. Une silhouette sortit alors de l’ombre. Un large sourire découvrait une rangée de dents blanches. Dans sa main droite, l'homme portait un long couteau effilé.
Valt eut un hoquet de surprise devant cet événement inattendu.
Alors mon frère ! ironisa le dernier arrivant, étonnant, n’est-ce pas !
« “Ce pauvre Ordenan ! Roi ! Quelle bonne plaisanterie ! Il ne sait que boire et passer son temps avec les femmes de son harem !” Ose me dire que tu n’as jamais pensé ces mots ! Seulement voilà, derrière ma face de bon vivant se cache un autre, très cher frère. “Il ne connaît rien à la politique” pensent les courtisans. C’était sans compter sur l’aide précieuse de mon merveilleux ami sans qui je ne serais rien...
Valt se racla la gorge.
Je crois que tu as trop abusé des bonnes choses ce soir petit frère. C'est l'émotion, tu ne sais plus ce que tu dis.
Allons, répliqua-t-il en poursuivant sur sa lancée, réfléchis un peu, je suis sûr que tu connais cet être formidable qui m’a tout appris !
Ordenan, arrête un...
Comment ! Tu n’arrives pas à deviner ! C’est ce qui t’embête ? Ne t’inquiète pas, il va te le dire lui même !
Une voix grave qu’il n’avait encore jamais entendue s’éleva. Il se tourna vers la droite avec surprise.
Tu ne t’attendais sans doute pas à cela mon cher grand frère !
Tutele !
Sa voix s’étrangla. Cela ne pouvait être possible, il nageait en plein cauchemar ! Tutele était son homme d’armes depuis qu’il était tout petit ! Ils avaient passé leur vie ensemble, avaient partagé les mêmes punitions lorsqu’ils désobéissaient, les mêmes femmes en grandissant, puis les mêmes aventures. Il l’avait toujours défendu loyalement, sans jamais décrocher un mot. Il l’avait cru muet et voilà qu’il se mettait à parler pour lui annoncer son association avec Ordenan ! Il ne pouvait y croire. Depuis toujours, celui qu’il considérait comme son propre frère lui avait menti...
Tutele sortit sa dague et vint se placer derrière lui, lame contre sa gorge. Valt ne bougea pas mais il ne put empêcher les larmes de couler le long de ses joues.
Les secours arrivent, murmura une petite voix à son oreille. Il n’y prêta aucune attention mais ferma les yeux. Il s’était toujours dit qu’il voudrait voir la mort en face, mais dans ces conditions, cela lui était impossible. Il ne pouvait admettre que ce soit son meilleur ami qui lui tranche froidement la gorge ! Non, il ne le pouvait pas.


Chapitre 59
Flamme


Dès qu’elle avait vu le frère du prince se glisser dans la chambre en utilisant un passage secret, elle avait su que les choses tourneraient mal. Aussitôt, elle avait bondi jusqu’aux appartements de ses protégés. Nyel et Harmonie n’étaient pas les personnes les plus adaptées pour voler au secours de Valt mais ils étaient les seuls qu’elle pouvait contacter.
Elle allait les “obliger” à rendre visite à Valt. Ils ne se rendraient compte de rien.
Dès qu’elle fut dans la chambre, elle lança un peu de poudre au-dessus du lit où dormaient les deux amants. Ils se levèrent comme des automates, enfilèrent rapidement une tunique et s’emparèrent de leurs épées.
Flamme n’attendit pas plus longtemps et retourna le plus vite possible vers la suite du prince.


Écoute ce que j’ai à te dire avant de mourir, mon frère. Toute ta vie, tu as été le meilleur, et ce dans tous les domaines. Tu te battais déjà comme un homme à dix cycles à peine alors que je n’étais même pas capable de tenir une épée au même âge. Toujours, tu m’as fait sentir cette supériorité... C’est à mon tour aujourd’hui de briller ! Demain, on retrouvera ton corps mutilé, ta porte sera pourtant fermée de l’intérieur. Étrangement, tout symbole de notre Dieu aura disparu de ta chambre et tu arboreras sur la poitrine le sigle des traîtres du Rebelle. Tout le monde croira à une punition divine et c’est moi qu’ils choisiront comme roi pendant que ton corps sera donné en pâture aux charognards.
Valt garda les yeux fermés tout le long du discours. A ce stade, seul un miracle pouvait le sauver. Alors il se mit à penser aux Dieux. Il s’imagina les deux Lunes inondant la pièce de leur clarté écarlate. Il serra les poings, enfonçant ses ongles dans sa chair.
Assez perdu de temps ! Au revoir mon grand frère...
Un cri retentit, suivit du bruit mat d’un coup, la lame glissa le long de sa gorge et Valt s’écroula lourdement sur le sol.
NON ! !
C’était impossible ! Il ne pouvait pas être mort ! Elle se jeta sur lui.
Elle était punie de son audace ! Elle, une simple fée d’un pouce de hauteur, aimer ! Quelle aberration ! Les Dieux la sanctionnaient, elle serait condamnée à vivre éternellement avec cet amour perdu.
Elle détourna les yeux devant le sang qui coulait inexorablement du cou du jeune homme et hurla de désespoir.
Allons, allons ma chère Flamme, calme-toi, demanda une douce voix.
Le décor venait brusquement de changer autour d'elle. Elle se trouvait maintenant sur un tapis coloré, juste devant le trône de sa reine.
Ma... majesté ! bredouilla-t-elle entre deux sanglots.
Allons ma très chère, il ne faut pas te mettre dans un état pareil ! Il ne s’agit là que d’un mortel.
Il n’est pas un simple homme pour moi ma reine.
Ah, et pourquoi donc ? interrogea-t-elle, curieuse.
Parce que je l’aime votre altesse, murmura-t-elle.
Tu l’aimes ! Comme c'est amusant !
Flamme baissa la tête.
Depuis le premier jour où je l’ai vu.
Je ne connais pas l’amour, expliqua la reine, et ne l’apprécie pas plus, c’est un sentiment qui affaiblit l’esprit. Il suffit de regarder ces hommes pour comprendre que cette émotion les perdra. Mais tu as toujours été dévouée Flamme, aussi vais-je t’aider. J’ai parlé de toi aux Dieux, ils acceptent de t’aider mais le prix est élevé.
Dites ma reine, si les Dieux me proposent un marché, il ne peut être que bénéfique.
Les Dieux sont au contraire souvent cruels. Voici leur contrat Flamme. Cet homme que tu aimes ne mourra pas et aura même l’honneur de te contempler.
Flamme ferma les yeux de plaisir, elle ne pouvait espérer mieux.
En revanche, aucun autre homme ne te verra, tu conserveras ta taille minuscule. Tu ne pourras plus jamais revenir dans le Marais et tu deviendras mortelle.
Cette dernière phrase tonna comme la foudre.
Acceptes-tu ?
Elle s'imagina seule sur son beau nénuphar, pour l'éternité. Elle ne pouvait laisser Valt mourir... A quoi bon vivre sans sa présence auprès d'elle, sans sa voix si douce à ses oreilles ? Le monde des hommes serait bien doux en comparaison et la mort aussi... Elle baissa la tête et murmura :
Je l’accepte...
Un tourbillon l’envahit. Elle ferma les yeux comme deux mains gigantesques s’emparaient violemment de son corps et que des langues de brume pénétraient en elle pour lui arracher son immortalité. Elle hurla de douleur et s’évanouit.

mardi 6 septembre 2011

Chapitre 54, Valt - Chapitre 55, Nyel - Chapitre 56, Eizen




Chapitre 54
Valt


Le vieux Locos s'était montré incapable d'expliquer ce qu’était un “ange de l’amour”. Une fois de plus, il était parti dans un délire incompréhensible, baragouinant dans une langue étrange et parcourant de long en large sa petite case encombrée de livres et d’objets hétéroclites.
Le laissant à sa folie, Valt sortit discrètement de la pièce et rejoignit le bâtiment où il vivait en compagnie de Tutele, Liticien et Vexill. Ils s’étaient installés accolés à la chambre personnelle de Nyel et Harmonie puis les rejoignaient pour partager repas et discussions.
Il souleva la lourde peau servant de porte et pénétra dans une pièce simplement éclairée par un chandelier de trois bougies et la lueur écarlate des Lunes.
Tous étaient là assis sur des coussins, pendant que Harmonie arrangeait les couverts sur la petite table basse qui constituait l’unique mobilier de la pièce.
Valt s’installa à son tour.
Le prisonnier de Rebellium est mort. Il n’a pas parlé, dit-il d'un air soulagé.
Comment le sais-tu ? demanda Liticien.
J’ai un très bon contact.
Tu devrais l’inviter à dîner avec nous, proposa Harmonie.
Non..., non, bégaya-t-il, il préfère rester anonyme. Bon, parlons plutôt de notre plan. Tout le monde est-il prêt ?
Chacun hocha la tête.
Récapitulons : un groupe de cent Insoumis se mêlera à la foule et interviendra en cas de soulèvement. Nyel, tu resteras avec le vieux Locos dans les écuries, il s’occupera de nourrir les bêtes pendant que tu changeras les fers de mon étalon en te faisant passer pour mon maréchal-ferrant personnel.
« Harmonie, tu m’accompagneras déguisée en homme. Avec une moustache et en dissimulant un peu tes cheveux et ton visage ça passera très bien. Les cours d’escrime que tu as pris depuis notre arrivée ici devraient suffire à te défendre en cas de problème.
« Quant à vous trois, tout le monde vous connait au palais, vous êtes mes meilleurs conseillers et amis depuis des lustres. Je compte sur vous pour me protéger.
« Nous fixons le départ à après-demain. Les Insoumis partiront par groupe de cinq à compter de ce soir. Nous ne devrons en aucun cas tenter de les contacter avant le putsch qui devra se faire peu après notre arrivée au palais.
Ils risqueraient gros. La mission ne serait pas sans danger mais cela en valait la peine. La dictature du Rebelle ne pouvait plus durer...
Bien, mangeons maintenant, conclut Valt d'une voix pleine d'espoir.


***


Les femmes avaient passé la soirée entière à la maquiller et à lui expliquer comment reproduire le même effet. Elles avaient préféré la déguiser la veille pour avoir le temps de déceler d’éventuelles failles.
Les tâches de rousseur de Harmonie disparaissaient maintenant sous une couche de fond de teint, son petit nez s’était changé en un gros tarin brisé et sa lèvre supérieure arborait à présent une fine moustache brune. Un capuchon couvrait ses boucles châtain et sa poitrine était étroitement serrée par un bandage.
Quand elle pénétra dans leur case et s’avança pour embrasser Nyel, il eut un mouvement de recul avant de la reconnaître et il éclata de rire. Valt lui aussi fut piégé par le déguisement et la soirée se termina par un immense fou rire qui évacua toute la tension liée au futur départ.
Le lendemain, avant même le lever du Solénon, tous étaient à cheval. Harmonie avait récupéré sa magnifique jument de guerre et le vieux Locos voyageait derrière Nyel sur le grand pommelé.
Harmonie avait attaché une bourse en cuir à son nouveau baudrier. A l’intérieur, Iona avait placé tout ce qu’il fallait pour recoller nez ou moustache en cas de besoin ainsi qu'un énorme pot de poudre dont elle se recouvrait régulièrement le visage.
Ils arrivèrent en vue de Rebellium six jours plus tard après un voyage sans encombre. La cérémonie étant prévue pour le lendemain, ils entrèrent le plus discrètement possible en ville et se réfugièrent dans un quartier chaud. Il y avait là-bas un parc, charmant durant la journée, mais qui était la nuit le théâtre d’affreux règlements de compte. C’était le district parfait pour attendre le grand jour en toute discrétion.


Chapitre 55
Nyel


La foule se pressait en masse devant le palais et malgré la présence imposante des chevaux, il fut délicat de se frayer un passage jusqu’aux gardes. Valt exhiba sa chevalière, marque incontestable de son appartenance à la famille royale, et le soldat les laissa passer sans poser de questions ni reconnaître en ce jeune cavalier blond le prince de son pays. C'était une chance incroyable que le seigneur Tarantalerien n’ait pas subtilisé ce bijou lors de leur incarcération. Sans lui, l'entreprise se serait révélée plus délicate encore.
Aux écuries, des lads s’approchèrent immédiatement pour prendre soin de leurs montures. Valt les renvoya d'une voix autoritaire et confia les animaux à Nyel et Locos. Perdu dans son monde chimérique, le vieux mage ne semblait pas comprendre les tenants et les aboutissants de l'affaire mais, à l'idée de lancer un gigantesque sort libérateur, il suivait avec joie.
Le maréchal-ferrant mit pied à terre après avoir déposé Locos au sol puis il saisit aux rênes la jument de Harmonie. Avec un dernier regard en direction de son amant, la jeune femme travestie s’éloigna en compagnie du prince puis disparut à l'angle d'un bâtiment. Le cœur de Nyel se serra. Reverrait-il bientôt le doux sourire de son aimée ? Lui qui n'était qu'un simple artisan se retrouvait mêlé à une histoire bien trop complexe... Plein d'angoisse, il se détourna et mena les chevaux dans leurs stalles afin de les desseller pendant que Locos distribuait le foin frais.
Il lui fallait s'occuper le corps et l'esprit pour éviter de trop gamberger et une nouvelle ferrure ne ferait pas de mal à l'étalon de Valt...
Parer les larges sabots et façonner le métal rougi lui fit un grand bien. L'odeur entêtante s'échappant en volutes de la corne brûlée agit comme un calmant. Il était de retour dans son atelier de Sinex, dans sa petite vie sans accroc... Les gestes de l'ordinaire se succédaient. L'automate était lancé.
Couper. Chlac, chlac, chlac...
Limer. Frrt, frrt, frrt...
Chauffer. Pfffffff...
Cogner. Ging, ging, ging...
Le travail achevé, le maréchal caressa distraitement la croupe du bai brun d'une main en essuyant son front en sueur de l'autre et laissa le vieil homme chauve remettre l'animal dans son box. Un brusque souffle de vent le glaça et il commença à trembler.
Le velouté de la peau de son aimée se rappela à son souvenir, il pouvait ressentir en lui le mouvement langoureux de sa respiration après l'amour. L'air frissonnant entre ses lèvres entrouvertes chantait en son âme...
Et il ne put s’empêcher d’imaginer le pire.
Il avait accepté de la laisser seule. Serait-elle capable de se défendre en cas de besoin ? Il s’écroula sur une botte de paille, essayant vainement de se calmer.
Locos vint bientôt s’asseoir à son côté.
Tout se passera très bien, dit-il comme s'il lisait dans les pensées de Nyel. J’ai interrogé les Lunes, elles sont contre le Rebelle et feront tout pour nous aider.


Chapitre 56
Eizen


Un frôlement contre son dos dénudé le réveilla. Eizen se redressa doucement pour faire face à la jeune femme qui avait partagé sa couche pour la nuit. Elle ne devait pas avoir beaucoup plus de quatorze cycles. Quelques-uns des longs cheveux relevés sur sa nuque s’échappaient du large ruban rouge et formaient des boucles brunes sur ses joues aux pommettes hautes. Il sourit et repoussa les mèches rebelles cachant son doux visage rond.
Ne t’inquiète pas, murmura-t-il, bientôt tu pourras vivre libre, très bientôt...
Elle se blottit, toute frissonnante, contre son torse et il ne put s’empêcher de l’entourer de ses bras. La veille, lorsqu’il lui avait confié leur plan, elle l’avait d’abord regardé comme s’il était fou avant de réaliser ce qu’impliquaient ces paroles. Silencieuse comme toujours, elle avait alors laissé couler quelques larmes de bonheur et d'espoir avant de l’entraîner jusqu’au lit, comme si c’était pour elle l’unique façon de le remercier.
Eizen la repoussa tendrement, elle était si fragile...
Je vais devoir y aller. Je reviendrai ce soir. Si tout se passe comme prévu, dans une dizaine de jours tu seras libre, toi, et toutes tes sœurs.


Après s’être habillé rapidement, il descendit dans la salle collective de l’auberge et commanda un verre de lait à la liqueur de brôv accompagné d’un petit pain frais.
La liqueur de brôv n’était pas très consommée à Rebellium mais les gens de Calv en raffolaient. Si les gardes en venaient à interroger le patron, ils le penseraient sûrement originaire de cette ville. Eizen n’appréciait pas particulièrement cet alcool produit à base d’insectes immondes, mais mélangé dans le lait, il croyait pouvoir le supporter.
Son petit déjeuner péniblement avalé (car normalement chacun sait que le lait accentue le goût du brôv...), il quitta l’auberge pour rejoindre la place du palais. L’immense portail royal recouvert d’or était grand ouvert et des centaines de gardes patrouillaient sur l'esplanade. Le peuple se pressait déjà ; il se hâta pour le rejoindre. Il croisa plusieurs amis venus comme lui défendre le droit des femmes mais rien dans son attitude n’aurait pu les trahir.


L’attente sembla interminable. Un vieux monsieur aux ongles encrassés le prit bientôt à partie, vantant la grandeur de son pays et de son roi qui dominait d’une main de fer le monde entier selon les règles établies par le Rebelle. Eizen se retint à grand peine de hausser les yeux au ciel et approuva tout du long cet ennuyeux monologue.
Enfin, le Premier Chaman s’avança sur l’immense balcon du palais et la foule respectueuse se tut.
Peuple de Vimula ! tonna sa voix dans le silence. C’est un grand jour que ce jour ! J’ai longuement interrogé notre seigneur à tous, le Rebelle, et comme toujours, il a répondu à mon appel. Il m’a dit : Suis ton roi car il est sage entre les sages. Alors peuple du Rebelle (sa voix s’éleva encore), gloire à notre Dieu et gloire à notre roi ! Vive le roi !
Vive le roi ! reprit Eizen en même temps que la plèbe.
Le chaman s’effaça et le souverain s’avança comme s’était avancé le Rebelle des cycles auparavant... Il semblait vieux appuyé sur sa canne dorée. Un simple coup de vent l’aurait jeté au sol mais quand il leva une main tremblante, la foule obéissante retint ses vivats.
Mon peuple, dit-il d’une voix tremblante contrastant avec celle claire et tonnante du Premier Chaman, lorsque mon aîné nous a quittés, il nous a fallu respecter le deuil et rester sans héritier mais le moment est venu de nommer un futur roi pour mon pays. Par les pouvoirs qui me sont conférés, par le Rebelle, je déclare mon second fils Ordenantiraesnien héri...
JE M’Y OPPOSE !

mercredi 24 août 2011

Répertoire des personnages

Voici comme promis un petit lexique des personnages de "Balade avec les Astres" (rangés par ordre alphabétique) :


  • Allure : fée de Nif et Ambre.
  • Ambre : ami de Nyel et compagnon de Nif.
  • Athyphia : dylfane liée à Stellya.

  • Blonan : chef des Insoumis.
  • Brandaron : dit « Bran ». Éclaireur en poste lors de l'arrivée de Stellya à Frest Sybar. Il devient rapidement son ami.

  • Cook : voisin de lit de Stellya à Frest Sybar. Il est l'amant de Kerlin.

  • Dadur : garde employé par le seigneur Tarantalerien.

  • Elidu : chaman de Vimula.
  • Eizen : Insoumis.

  • Felty : félin du « Clan de la Cascade » et fils du chef. Il s'unit à Stellya pour la sauver de la mort.
  • Fan : buveur de « L'outre pleine » à Sinex.
  • Facach : féline du « Clan de la Cascade ». Amie de Stellya et unie à Vargus.
  • Flamme : fée de Nyel et Harmonie.

  • Graal : ami de Brandaron. Il est un voleur discret. Amant de Rayea.
  • Garna : cuisinière en chef à Frest Sybar. Aussi charmante que ronde sous ses airs menaçants.

  • Harmonie : mère de Stellya.

  • Iona : chef des Insoumises.
  • Jen-Per : capitaine de la garnison de Frest Sybar. Il gueule beaucoup mais surtout parce qu'il aime ça...
  • Jason : soldat de Frest Sybar. En froid avec Stellya depuis son humiliation lors d'un assaut d'escrime.

  • Kanty : nom choisi par la féline Tantina pour le bébé qu'elle attend.
  • Kerlin : ami de Stellya au baraquement de l'Aigle. Il est l'amant de Cock. Il aime plaisanter et vient d'un pays voisin : Trilian.

  • Liticien : clairon du prince Valt qu'il tutoie.
  • Locos : vieil Insoumis possédant le don. Il est chauve mais porte systématiquement une peau pour couvrir son crâne.

  • Mati : jeune étudiant en médecine lors du coup d'Etat du Rebelle. Il est condamné à errer dans la Forêt Maudite jusqu'à l'arrivée de Stellya. Il s'empare du corps d'un aigle. Il est uni à Sila.
  • Mosto : employé par le seigneur Tarantalerien de Clav. Il se fait passer pour Valt avant d'être assassiné.

  • Nif : ami de Nyel. Il est le compagnon d'Ambre.
  • Nyel : jeune maréchal-ferrant de Sinex. Il est le compagnon de Harmonie. Il est très proche de son étalon : un grand gris pommelé.
  • Nebulo : chef des félins orphelins. Il est désigné par Oris lors du départ de Stellya.

  • Oris : Dieu des félins et de toute végétation. Il est représenté sur Astheval par un immense arbre aux feuilles multicolores poussant dans la vallée des félins. Il offre à Stellya une feuille noire qui possède, entre autres, la particularité de « recharger » Stellya en énergie magique.
  • Ordenantiraesnien : aussi appelé Ordenan. Il est le frère cadet de Valt.

  • Premier Chaman : homme politique le plus influant de Vimula. C'est en vérité lui qui tire les ficelles du royaume. Il commandite l'assassinat de Valt puis sa capture.

  • Quatz : souverain illégitime d'Ayth.

  • Rebelle : homme à l'origine de la société masculine de Vimula. Il est glorifié dès son vivant.
  • Rymneth : jeune Insoumise.
  • Rayea : cuisinière à Frest Sybar. Amante de Graal.

  • Sila : femme de Mati. Elle reste prisonnière de la Forêt Maudite jusqu'à l'intervention de Stellya et Athyphia.
  • Silc : riche marchand.
  • Stellya : née en Vimula, elle n'est pas soumise au sort et s'échappe. Elle traverse la Forêt Maudite et parvient à quitter le pays de Vimula. Grande, très brune, elle possède une mèche et des yeux argentés.
  • Sten : homme de la section de l'Aigle.

  • Tutele : garde du corps de Valt, il est muet. Il est brun aux yeux noirs, son teint est hâlé.
  • Tarantalerien : aussi appelé Taran. Il est l'oncle de Valt et le régent de la ville de Calv.
  • Touro : garde du seigneur Taran.
  • Tantina : féline du « Clan de la Cascade ». Elle est enceinte.
  • Tielan : fils d'un fermier. Il s'occupe d'Athyphia lors d'un orage.
  • Tardif : homme de la section de l'Aigle.

  • Valtarantiraesnien : plus communément appelé Valt. Il est le prince de Vimula. Son visage est taillé à coups de serpe et son nez est cassé. Il a les yeux bleus et les cheveux de châtain clair à blond foncé. Il est très proche de son étalon : un bai brun.
  • Vexill : porteur de bannière de Valt qu'il vouvoie. C'est un grand brun aux yeux noisette.
  • Venen : apothicaire de la ville de Sinex. Il est également spécialisé dans la contrebande de poison.
  • Vena : féline orpheline du « Clan de la Cascade ». Elle est éprise du jeune Nebulo. Elle déteste Stellya et a été recueillie dans la Grande Plaine.
  • Vargus : félin du « Clan de la Cascade ». Il est l'ami de Felty et uni à Facach. Sa fourrure est blanche ce qui est rare chez les félins.